La gestion différenciée



Gilles Clément


























































































































Élaboré de manière expérimentale par Gilles Clément (Ing. Agronome & Jardinier du Paysage comme il se plaît à se nommer) à partir de 1977 dans son propre jardin, le concept de jardin en mouvement s’inspire de la friche. Un jardin non entretenu est rapidement colonisé par de nombreuses plantes, cette dynamique naturelle complexe, repose sur de multiples interactions: micro climat, relief, système hydrique, faune et flore, qui composent, de faite, chaque espace planté en perpétuelle évolution.

 Pour respecter ce qui précède, dans la mesure où nous nous adhérons à ces principes naturels, il est primordial de:

  • S'interdire l'utilisation des produits phytosanitaires dans les espaces verts,
  • Être engagé « zéro phyto » dans l’usage des jardins familiaux,
  • Surveiller de près la consommation d’eau,
  • Introduire en force la gestion différenciée et préconiser de nouveau entre-semis, pour favoriser & préserver la biodiversité.
  • Réduire l'impact carboné de cette gestion en réduisant les tontes et autres interventions motorisées,
  • Former les équipes pour s'orienter vers des interventions adaptées à l'évolution des végétaux suivant les aléas météorologiques (sécheresse, pluies abondantes...) et microclimatiques

  C’est en 1994, lors du colloque de Strasbourg que la notion de gestion différenciée est apparue à travers l’émergence et le rassemblement d’idées et d’expériences en matière de gestion écologique des espaces verts.

 


Quelques définitions bien formulées

Définition de la ville de Grande-Synthe: "La gestion différenciée, c’est la contribution du jardinier au développement durable".

Définition du site Wikipédia: "La gestion différenciée, parfois qualifiée de gestion harmonique, gestion raisonnée durable, gestion évolutive durable, et même parfois de gestion raisonnable, est une façon de gérer les espaces plantés en milieu urbain, qui consiste à ne pas appliquer à tous ces espaces, la même intensité ni la même nature de soins".

 

 

Les villes pionnières en la matière...

Mis à part les capitales du Nord de l'Europe: Amsterdam, Copenhague, Oslo et, Stockholm, qui ont démarré ce type d'entretien, durant la fin des années 1970 début des années 1980, l'Agglomération de Bruxelles avec le Professeur Paul Duvignau  (ULB), élabore la première carte d'évaluation écologique sur le territoire des 19 communes de la région. Plus tard début 1990, c'est l’I.B.G.E., aujourd'hui Bruxelles Environnement, qui applique depuis plus de 20 ans une gestion différenciée répondant aux attentes des Bruxellois. Ces espaces sont gérés de façon à combiner les différentes fonctions des espaces verts (sociale, récréative, éducative, paysagère et écologique), les friches urbaines sont valorisées auprès du public, et les cimetières sont sujets à des expérimentations afin d’augmenter leur qualité écologique.

 

 

 

À Rennes qui est le précurseur de la gestion différenciée des espaces verts depuis 1981. C'est 60 ha d’espaces verts en 1966, 820 ha en 2007, la surface ne cesse encore d’augmenter, face à cette augmentation, le S.E.V. de la ville de Rennes a dû revoir sa façon de travailler et son organisation. Les parcs (Figure 7) et jardins de la ville ont ainsi été classés en cinq catégories, du plus horticole au plus naturel, pour chaque type d’espace correspond un protocole d’entretien particulier

La ville de Lyon, tout en conservant la vocation des différents espaces publics plantés, a opté pour la gestion environnementale différenciée. La direction des espaces verts fait en sorte de limiter les interventions afin de maîtriser les dépenses financières et énergétiques, respectez l’équilibre des écosystèmes par l’usage d’une gestion plus écologiques.

La ville de Lausanne a rompu avec les méthodes d’entretien des années 1960 et s’engage depuis 1991, à préserver la qualité de vie des habitants en vue d'atteindre plusieurs objectifs:

  • travailler avec la nature en respectant les cycles biologiques,
  • respecter l’identité de chaque parc en différenciant l’entretien selon sa vocation, son histoire et son rôle dans la ville
  • augmenter la diversité et la richesse des espaces verts.
Photo 4. Ici, Lausanne, au-dessus du métro, il y a une transition entre le chemin et les bâtiments: gazon et pelouse fleurie de vivaces, d'herbacées, des graminées et ligneux.



La ville de Fribourg-en Brisgau en Allemagne et, plus particulièrement le quartier Vauban, est connue pour sa démarche s’inscrivant dans le cadre du développement durable.

 C'est en 1996, que la municipalité lance des opérations de renouvellement du territoire avec pour priorité:

  • Le remplacement des canalisations classiques d’eaux pluviales, par un système de noues d’infiltration.
  • L’eau de pluie est récupérée pour être utilisée dans la vie quotidienne.
  • Le biotope existant a été maintenu (abords du ruisseau St Gorgener Dorfbach).
  • Les arbres ont été intégrés au projet et de nombreux espaces ouverts ventilent le parc. 

C’est l’ensemble du quartier et des quartiers voisins qui respectent un grand nombre de principes environnementaux tels que les toitures végétalisées, des matériaux écologiques pour la construction et il en découle une gestion respectueuse de l’environnement.

 

Photo 5.Ici dessus, la cimetière de Fribourg-en Brisgau, qui comme les vieux cimetière du Dieweg est laissé à l’envahissement de la nature sub-spontanée

Le cas traité par notre Bureau d'Études A.B.C.Du Paysage:

 

Les cités-jardins Craetbos
et
Val Marie à Neder-Over-Hembeek

 

Les espaces plantés  ont des qualités écologiques potentielles que nous sommes incapables de quantifier, sans réaliser une étude précise qui puisse démontrer scientifiquement (faune et flore) ces richesses environnementales.

Dès que nous avons appliqué un autre type d’entretien que celui qui était en vigueur depuis,  plus de 50 ans, nous avons rapidement vu progresser 3 choses primordiales, à savoir:

Dans un premier temps, dès la deuxième saison, c’est la diversité floristique et entomologique qui s’est enrichi de nouveaux genres espèces et variétés.

Le coût d’entretien a diminué la troisième année, ce qui devrait à l’avenir se répercuter sur le budget de la s.c. Comensia & par conséquence diminuer les charges sur chaque ménage locataire.

Sans en définir exactement l'emprise scientifique, nous observons, la pérennité des corridors biologique existants, en lui donnant dans un futur proche (soit 10 ans), un réel rôle de lien, entre les quartiers qui se densifient dans la commune de Neder-Hover-Hembeek et la campagne de la région flamande voisine,  territoire de la commune de Vilvoorde.

 

 

Contrairement aux plantations qui entourent des espaces de récréations concentrées et actives (plaine de jeux, terrain multi & mini sport, ou autres surfaces pour planches à roulettes voir circuit pour vélos VTT, etc.), ici, nous avons une affectation d’espaces à récréation extensive et passive voir «paisible» (Passages pour les riverains, contacts et circulations entre voisins, lieu de convivialité de ballade et de repos,…) classique d’une cité-jardin, dont les aires de végétations peuvent être qualifiées, majoritairement, de visuelle et donc d’habillage & de valorisation, entre la voirie et les bâtiments affectés au logement. Ce qui nous permet en collaboration avec la s.c. COMENSIA de réaliser depuis plus de trois ans un excellent partenariat et de nous diriger vers un succès prolongé, par notamment & récemment, la signature de la charte pour le respect de l'environnement initié par Natagora, qui par-là certifie le sérieux du travail déjà réalisé & à venir. 

 



Source:

http://dumas.ccsd.cnrs.fr/file/index/docid/912396/filename/2013_Lucas_Florian_Gestion_differenciee_Chalon-sur-Saone.pdf


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